Les mégots de cigarette, bien que discrets par leur taille, comptent parmi les déchets les plus répandus et les plus nuisibles pour l’environnement. Leur lente décomposition, leur toxicité persistante et leur omniprésence dans les milieux naturels posent un défi de taille, tant sur le plan écologique que sanitaire.
Dans cet article, nous explorerons l’incidence environnementale des mégots de cigarette, les raisons de leur dangerosité ainsi que les défis qu’ils posent en termes de gestion des déchets et de préservation de la santé publique.
Chaque année, environ 4,5 trillions de mégots de cigarette sont jetés dans la nature selon l’OMS. Ils terminent leur course dans les océans, les rivières, les trottoirs, les parcs ou les plages. Résultat : leur décomposition produit des microplastiques et libère des substances toxiques dans l’eau, le sol et les aliments que nous consommons.
Des enquêtes sur les comportements en matière de déchets ont révélé que 65 % des fumeurs se débarrassent des mégots de cigarettes de manière inappropriée. (OMS, Rapport sur le Tabac 2022)
Ces déchets se retrouvent même dans des zones protégées, où ils polluent durablement les écosystèmes en y diffusant leurs substances toxiques.
Pourquoi le mégot est-il dangereux pour l’environnement ? Pourquoi un mégot pollue ? Si l’on a tendance à croire que c’est surtout pour son temps de décomposition, en réalité sa pollution a des conséquences bien plus vastes et sournoises, car même éteint, le mégot de cigarette continue d’émettre des produits toxiques dans l’air.
D’après le Dr Rüdiger Krech, directeur de la promotion de la santé à l’OMS “Les produits du tabac contiennent plus de 7 000 produits chimiques toxiques qui s’infiltrent dans notre environnement lorsqu’ils sont jetés”. Parmi ces substances on peut retrouver :
Ces substances proviennent de toutes les étapes du cycle de vie de la cigarette. Elles s’infiltrent dans l’environnement sur toute la chaîne de production et de consommation de la cigarette : lors de la culture du tabac, lorsque les cigarettes sont fumées, et enfin lorsque le mégot se décompose dans la nature. Ces substances ne sont ni bonnes pour l’humain ni pour tous les êtres vivants qui habitent encore la terre, l’eau et la nature.
Parmi les déchets les plus courants, le mégot de cigarette n’est pas le plus lent à la décomposition. Deux ans “seulement” pour qu’un mégot se décompose, contre quelques dizaines d’années pour une boîte de conserve ou quelques centaines d’années pour une canette ou bouteille plastique.
Le temps record de décomposition est le verre ! Il faut compter 4000 ans pour qu’une bouteille de verre se décompose. C’est pour cela que les bouteilles de verre sont recyclées, le verre ayant beaucoup plus de durabilité grâce au recyclage.
Alors si le mégot n’a pas le palmarès de la lenteur de décomposition, pourquoi sa pollution pose un problème pour l’environnement ?
Si le temps de décomposition du mégot peut sembler rapide par rapport aux autres matières, le filtre des cigarettes, fait d’acétate de cellulose, ne disparaît jamais complètement : il se transforme en microplastiques, polluant durablement les sols et les eaux.
Une grande quantité de fibres plastiques issues des mégots de cigarette s’infiltre dans le sol, où elles libèrent lentement leur toxicité. Cette pollution invisible a un effet nocif sur l’ensemble du vivant, en contaminant les plantes, les micro-organismes, et jusqu’aux animaux.
Les filtres relâchent également des substances dangereuses comme la nicotine, des métaux lourds (cadmium, plomb) et d’autres composés chimiques absorbés durant leur usage. Ces contaminants s’accumulent dans les écosystèmes et peuvent affecter la santé humaine, notamment celle des pêcheurs et des consommateurs de produits de la mer exposés à cette chaîne de pollution.
Les microplastiques et produits toxiques issus de la dégradation des filtres causent ainsi des dégâts considérables à l’environnement aquatique, touchant les lacs, rivières, estuaires et zones humides, en s’infiltrant durablement dans les eaux et les organismes vivants qui en dépendent.
La dernière enquête mondiale sur les déchets menée dans le cadre de l’initiative International Coastal Cleanup (ICC) de l’Ocean Conservancy a révélé que les déchets de produits du tabac représentaient 11 % de l’ensemble des déchets présents dans les océans.
En France, le coût annuel du nettoyage des 23 milliards de mégots s’élève à 100 millions d’euros par an. Pour atténuer le problème de la pollution et responsabiliser l’industrie du tabac, la France a récemment créé une filière Responsabilité Élargie des Producteurs (REP) pour les mégots de cigarette, basée sur le principe du “pollueur-payeur”.
En d’autres termes, l’industrie du tabac est désormais responsable du coût des déchets de produits du tabac jetés de manière inappropriée, tels que les mégots de cigarettes et les déchets d’e-cigarettes. C’est elle qui se charge de financer l’installation des cendriers spéciaux dans les lieux publics ainsi que d’une partie du travail de sensibilisation.
Il est possible de recycler les mégots, ou plus précisément la partie du filtre en acétate de cellulose (dérivé du plastique). Le recyclage se fait en plusieurs étapes grâce à l’intervention de centres de tri et de désintoxication chimique :
Après nettoyage, le résidu sert de base à la production d’objets tels que des palettes en plastique, des cendriers et des panneaux, des meubles de jardin, ou même des matériaux de construction.
Il existe aujourd’hui des solutions concrètes et durables pour recycler les mégots de cigarette. Ce potentiel peut être exploité par tous les lieux accueillant du public et des fumeurs, en France comme à l’étranger.
L’élément clé réside dans une collecte organisée et visible, accompagnée d’un véritable effort de sensibilisation :
Individuellement, il est possible de participer à des Clean Walk, mais aussi de rappeler aux fumeurs autour de soi les conséquences du tabagisme, associé à un risque accru de maladie cardiovasculaire, de maladie respiratoire, de cancer, de diabète, d’hypertension et plus encore.
Les structures soucieuses de leur responsabilité sociétale (RSE) peuvent également jouer un rôle moteur dans la lutte contre cette pollution :
Vous l’aurez compris, le mégot, petit déchet en apparence, est un colosse écologique par les dommages qu’il cause. Sa lente décomposition, sa toxicité et sa persistance en microplastiques en font un véritable danger silencieux. Vous êtes responsable de la RSE d’une entreprise ou de la propreté ? Contactez écomégot et participons main dans la main à la collecte des mégots.
Non. Bien que souvent perçus comme du coton, les filtres sont fabriqués en acétate de cellulose, un plastique qui met plusieurs années à se fragmenter en microplastiques sans jamais disparaître totalement de la terre ou de l’eau.
Chaque année, près de 4,5 milliards de mégots sont jetés dans la nature à l’échelle du monde. Cela en fait l’un des premiers déchets retrouvés dans les environnements urbains et marins.
Les substances relâchées par les filtres, comme la nicotine et le cadmium, contaminent l’eau et peuvent être absorbées par les poissons. Ces polluants s’accumulent ensuite dans la chaîne alimentaire et peuvent finir dans notre consommation de produits de la mer.
Une ville peut installer des cendriers publics visibles et encourager les habitants à adopter des comportements responsables. Certaines collectivités déploient aussi des campagnes de sensibilisation ou des partenariats avec des solutions comme écomégot.
En France, le coût du ramassage et du traitement des millions de mégots jetés chaque année avoisine les 100 millions d’euros, à la charge des collectivités, et donc des citoyens, si l’industrie du tabac ne participe pas via la Responsabilité Élargie des Producteurs (REP).