Pollution : les cigarettes sans filtre comme alternative ?

Destinées à réduire le taux de substances nocives contenues dans la fumée de cigarette telles que le goudron ou la nicotine, les cigarettes avec filtre sont arrivées sur le marché du tabac dans les années 1950. L’objectif ? Rendre la consommation de cigarette moins dangereuse pour la santé, répondant ainsi aux préoccupations concernant le lien entre le tabagisme et la santé.

Une promesse qui aujourd’hui semble plus que mensongère lorsque l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) dénombre plus de 8 millions de morts chaque année dans le monde à cause du tabac.

Par ailleurs, alors que les mégots de cigarettes sont l’un des principaux déchets retrouvés sur les plages et dans la rue, les filtres sont composés de plastique, qui se désintègre très difficilement : ainsi, ils laissent une empreinte durable sur l’environnement dans lequel ils se dégradent.

Et si les cigarettes sans filtre étaient une alternative plus responsable ? Découvrez tous les arguments d’écomégot.

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Le filtre de cigarette : un dangereux polluant pour l’environnement

Un composant polluant pour la planète

Saviez-vous que les filtres des cigarettes ne sont pas composés de coton, mais d’acétate de cellulose, des fibres plastiques ?

Chaque année dans le monde, 4 500 milliards de mégots se retrouvent dans la nature. Si elles ne sont pas toujours abandonnées directement sur le sol par les fumeurs, les cigarettes jetées dans des poubelles non adaptées, étant très volatiles, ont de fortes probabilités de se retrouver elles aussi par terre. Elles ruissellent alors dans les canalisations et les cours d’eau, avant de finir leur course dans les mers et les océans

Or, au contact de l’eau, un mégot de cigarette libère jusqu’à 2500 substances toxiques. De plus, le filtre et ses fibres plastiques ralentissent considérablement la durée de dégradation d’un mégot : les micro-plastiques ne disparaissent jamais totalement, mais se décomposent en de nano-plastiques qui conservent toute leur toxicité.

Le filtre biodégradable : le subterfuge des industriels du tabac

Alors que les plastiques à usage unique sont en voie d’être interdits en France et en Europe, les industriels du tabac ont imaginé des filtres biodégradables. S’ils laissent penser aux consommateurs de tabac qu’ils représentent une alternative plus écologique, leur dégradation nécessite toutefois des conditions très spécifiques, qui n’existent pas dans la nature. 

Le constat est sans appel : les filtres biodégradables sont aussi risqués pour l’environnement que leurs prédécesseurs en plastique.

Santé des fumeurs : que penser de l’efficacité des filtres ?

Mais quels sont les risques de consommer une cigarette sans filtre ?

Avec l’arrivée des cigarettes avec filtre dans les années 1950, l’objectif de l’industrie du tabac était de proposer une alternative moins dangereuse pour la santé des fumeurs. Dans les années 1960, l’industrie du tabac a par ailleurs développé la technologie des filtres doubles, permettant d’ajouter des additifs et du charbon actif, renforçant ainsi l’idée que le filtre retiendrait les molécules les plus nocives

Toutefois, ce nouveau dispositif incite les fumeurs à prendre des bouffées plus importantes, plus profondes et plus longues, afin de satisfaire leurs besoins en nicotine. Les filtres rendent également la fumée de cigarette moins âcre, facilitant ainsi l’initiation tabagique chez les jeunes consommateurs et la poursuite du tabagisme chez les populations dépendantes.

La généralisation des filtres s’est vue accompagnée d’une hausse des adénocarcinomes bronchiques, une variété de cancer du poumon, d’après une étude en oncologie. Aucune substance toxique pour l’organisme, telle que le goudron ou le monoxyde de carbone, n’est donc filtrée : les filtres entretiennent un faux sentiment de sécurité chez les consommateurs de tabac et peuvent même renforcer la toxicité de la cigarette et les risques de contracter un cancer pulmonaire.

Les cigarettes sans filtre : une alternative plus écologique ?

Fumer tue, mais fumer pollue également. Si le retour des cigarettes sans filtre représente une alternative plus écologique, sans plastique ni danger supplémentaire pour les consommateurs de tabac, il n’est pas sans rappeler les conséquences néfastes de la production de tabac sur l’environnement et la biodiversité

En effet, l’industrie du tabac du tabac a de lourdes conséquences sur : 

    • La qualité de l’air. Chaque année, la production de tabac émet 84 millions de tonnes d’émissions de CO2, soit 14 grammes pour une seule cigarette et nécessite l’utilisation de 21 millions de tonnes de pétrole ;
  • La qualité des sols et de l’eau. Le tabac est la 6ème industrie agricole utilisatrice de pesticides par surface exploitée, et ces engrais s’infiltrent dans les sols et les nappes phréatiques ;
  • La déforestation. Chaque année, la production de tabac est responsable de la déforestation de 600 millions d’arbres et de 200 000 hectares de terres forestières ;
  • La production de déchets toxiques. Une étude de la Revue médicale Suisse estime que le tabac est à l’origine 24 millions de tonnes de déchets solides chaque année, dont 19 millions proviennent directement des cultures. 
 

Vers un retour des cigarettes sans filtre ? Les associations en faveur d’une interdiction des filtres

Ces associations qui appellent à une interdiction des cigarettes avec filtre

En raison de la culture du tabac et de son transport, les cigarettes sans filtre soulèvent elles aussi des questionnements écologiques. Toutefois, elles permettent de limiter la pollution plastique sans augmenter le risque de cancer du poumon pour les fumeurs. 

En ce sens, à l’occasion des négociations du traité mondial contre la pollution plastique qui se déroulaient en France au printemps 2023, 130 associations regroupées au sein de la Stop Tobacco Pollution Alliance (STPA) ont appelé à interdire les filtres

Dans son livre blanc pour parvenir à une génération sans tabac en 2032, le Centre National Contre le Tabagisme (CNCT) a également interpellé les pouvoirs publics en faveur de cette interdiction, une prise de position soutenue par l’OMS

À ce jour, plusieurs pays tels que la Belgique, les Pays-Bas et le Danemark étudient l’interdiction de l’utilisation de cette source de pollution plastique évitable. 

La mission d’écomégot

Chez Keenat, avec la solution écomégot, en attendant que l’appel des associations soit entendu et que le gouvernement statue en faveur de l’interdiction des filtres, nous nourrissons l’ambition de collecter les mégots pour les recycler et les valoriser énergétiquement

Afin de lutter contre la pollution induite par ces déchets, nous avons développé des cendriers sur pieds visibles de loin, fabriqués en France et éco-conçus, permettant d’avertir chaque fumeur qu’une poubelle spécifique est à leur disposition. Nous proposons également des cendriers de poche, qui vous accompagnent dans vos déplacements. 

Notre solution nous a permis d’obtenir des résultats plus que prometteurs : nous avons collecté 60 millions de cigarettes à travers la France et avons ainsi préservé 30 000 000 000 litres d’eau, soit 12 000 piscines olympiques ! 

Rendez-vous sur notre site internet pour vous sensibiliser davantage à la pollution des mégots de cigarette !

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