Les mégots de cigarette sont la source d’une pollution importante, qui prend plusieurs formes à tous les stades de son cycle de vie. De sa fabrication dans des conditions polluantes pour l’air (pesticides inhalés par les travailleurs de l’industrie du tabac) à sa lente décomposition en substances toxiques, le mégot de cigarette est un grand criminel de petite taille.
Pour éviter une partie de cette pollution, les entreprises et les collectivités publiques peuvent mettre en place des actions simples, mais décisives. Voici nos explications, pour fumer sans trop s’abîmer la santé !
Les mégots de cigarette contiennent plus de 4 000 substances chimiques, comme de la nicotine, des métaux lourds (plomb, arsenic) et des résidus de combustion. Une étude de l’Université de Californie a révélé qu’un seul mégot jeté dans un litre d’eau pollue suffisamment pour tuer 50 % des petits organismes aquatiques en 96 heures, suggérant un impact similaire dans l’air.
La combustion des mégots émet des HAP (Hydrocarbures Aromatiques Polycliniques) cancérogènes comme le naphtalène, et les fluoranthènes, ainsi que des particules ultrafines, comme le confirme l’INERIS. Bien que leur contribution reste modeste face aux émissions du trafic routier ou du chauffage au bois (source principale de 50% des PM10 en Auvergne-Rhône-Alpes), l’accumulation des mégots génère une pollution non négligeable.
Chaque année en France, près de 30 milliards de mégots sont jetés dans l’espace public selon les données du ministère de la Transition écologique. Leur dégradation progressive, pouvant s’étendre sur 15 ans, libère continuellement des substances toxiques. L’Agence Régionale de Santé d’Île-de-France a observé dans certaines zones très fréquentées une corrélation entre la présence massive de mégots et l’augmentation de polluants atmosphériques secondaires.
Le tabagisme génère une pollution atmosphérique aux conséquences graves. Selon l’OMS, la consommation de cigarettes dans le monde produit chaque année plus de 4,5 millions de tonnes de déchets toxiques, dont les mégots représentent une part significative.
Ces déchets issus de la culture du tabac libèrent des produits chimiques cancérigènes comme l’arsenic ou le benzène, contribuant au risque accru de maladies respiratoires et cardiovasculaires. Le fumeur n’est pas le seul concerné : le tabagisme passif, notamment en intérieur, serait responsable de 1,2 million de décès prématurés, selon un rapport mondial récent, réduisant l’espérance de vie des populations exposées.
Au-delà de la fumée inhalée directement par les fumeurs, les mégots abandonnés dans l’environnement constituent une menace durable pour la santé publique et la planète. Une étude internationale a révélé que les enfants jouant près de zones polluées par des mégots présentent une exposition accrue aux résidus de nicotine et autres produits toxiques.
Ces particules fines issues de la dégradation des filtres s’intègrent au cycle de pollution atmosphérique mondiale, augmentant le risque de cancer même chez les non-fumeurs. L’OMS alerte particulièrement sur les effets cumulatifs de cette exposition dans les pays où la gestion des déchets tabagiques reste insuffisante, créant un cercle vicieux entre pollution environnementale et problèmes de santé publique.
La loi Anti-Gaspillage et Économie Circulaire (AGEC, 2020) impose aux fabricants de cigarettes une Responsabilité Élargie du Producteur (REP). Concrètement, depuis 2021, les industriels du tabac doivent financer la collecte et le traitement des mégots jetés dans l’espace public. Un décret de 2022 précise que ces filières doivent atteindre 40 % de mégots collectés d’ici à 2027.
Par ailleurs, le Code de l’environnement (article R632-1) sanctionne le jet de mégot sur la voie publique par une amende de 68 €, montant porté à 180 € en cas de non-paiement sous 45 jours. Des villes comme Paris ou Nice appliquent systématiquement cette amende.
La loi Climat et Résilience (2021) oblige les communes de plus de 20 000 habitants à installer des cendriers urbains dans les zones à forte fréquentation. Le décret n°2022-721 fixe les modalités :
L’ADEME accompagne techniquement les villes via son guide « Zéro mégot dans ma ville », tandis que la nouvelle filière REP doit permettre de financer ces équipements via une éco-contribution des cigarettiers.
Écomégot by Keenat est un organisme tandem qui lie recyclage des mégots et sensibilisation à leur collecte. Keenat (la partie usine) a développé une filière complète de valorisation des mégots collectés, via un procédé breveté qui permet de décontaminer les filtres pour en faire de la matière plastique recyclée. Cette initiative est complétée par des solutions de collecte des mégots pour les entreprises, ainsi que par des kits de communication prêts-à-l’emploi pour la sensibilisation aux abords des cendriers.
Écomégot propose des solutions opérationnelles : bornes de collecte design, cendriers de poche personnalisables, et même des ateliers de sensibilisation pour les salariés. La ville de Bordeaux a en ce sens installé 200 bornes écomégot, permettant de collecter plusieurs tonnes de mégots par an. Pour les entreprises, écomégot fournit des rapports mensuels de performance environnementale, mesurant l’impact concret des actions mises en place.
Ces solutions s’inscrivent parfaitement dans les démarches RSE des entreprises et les plans climat des collectivités. L’ADEME reconnaît d’ailleurs ce type d’initiative comme contribuant à l‘économie circulaire. Certaines grandes entreprises comme la SNCF ont déjà généralisé ces dispositifs dans leurs gares, combinant ainsi amélioration du cadre de vie et réduction de l’impact environnemental. Le prochain défi ? Généraliser ces bonnes pratiques à l’ensemble du territoire grâce à des partenariats public-privé.
Les mégots contiennent plus de 4 000 substances toxiques (nicotine, métaux lourds, résidus de combustion) qui se libèrent progressivement dans l’environnement. Leur dégradation lente (jusqu’à 15 ans) contribue à la pollution de l’air, notamment dans les zones urbaines où ils s’accumulent.
Le tabagisme génère une double pollution :
Secondaire (mégots abandonnés qui libèrent des particules fines et des produits chimiques dans l’air et les sols).
Oui, leur combustion émet des hydrocarbures cancérigènes (HAP) ainsi que des particules ultrafines. Bien que moins importants que les émissions du trafic routier, ces rejets aggravent la pollution locale, surtout près des cendriers publics ou des poubelles.
Différentes solutions peuvent être conjointement déployées :
Végétalisation ciblée pour capter une partie des particules (mais pas suffisante seule).
Oui, notamment via :
Les résidus de mégots dans l’environnement (risque accru pour les enfants jouant près des zones polluées).