Les mégots de cigarettes sont de tout petits déchets qui peuvent sembler inoffensifs. Pourtant, ils sont composés de nombreuses substances chimiques et leurs filtres en acétate de cellulose résistent à toute dégradation.
La grande toxicité des mégots est un problème environnemental d’ampleur. Que deviennent-ils après avoir été jetés au sol ? Sont-ils biodégradables ? Combien de temps mettent-ils à disparaître ? Disparaissent-ils vraiment ?
Causes, effets et solutions, découvrez le temps de décomposition d’un mégot de cigarette et les moyens à mettre en œuvre pour lutter contre sa pollution durable.
L’acétate de cellulose est la matière qui constitue le filtre de la cigarette. Non seulement cette matière plastique dérivée du pétrole n’est pas biodégradable, mais sa légèreté la rend facilement déplaçable, entraînant une large diffusion de sa pollution.
Très résistante, elle se fragmente avec le temps, mais ne disparaît jamais complètement. Son temps de décomposition est similaire à celui d’une bouteille en plastique.
Difficile d’imaginer que ce tout petit déchet ait un tel pouvoir de nuisance pour l’environnement. Pourtant, les mégots de cigarettes contiennent des milliers de substances chimiques dont une bonne centaine sont réellement toxiques : nicotine, arsenic, métaux lourds ou goudron.
Ces toxines se diffusent dans l’eau et dans les sols pour les contaminer durablement. Un seul mégot peut polluer 500 litres d’eau, avec des conséquences dramatiques sur les poissons et les micro-organismes.
Le mégot de cigarette jeté dans la nature ne se dissout pas, il se décompose. Il ne s’agit pas d’une disparition totale de la matière, mais d’une fragmentation progressive du filtre en microplastiques puis nanoplastiques.
La fragmentation s’effectue en plusieurs étapes :
Au terme du processus de fragmentation, le mégot devient un polluant invisible infiltré dans les sols, les cours d’eau et jusque dans les océans.
Le processus de fragmentation s’étend sur plusieurs années :
Le temps de décomposition des mégots résulte donc de l’environnement dans lequel ils sont jetés. Pour se morceler, le mégot a besoin de lumière, de vent et de pression. La durée du cycle dépend du soleil, de l’humidité, de la température, de la présence de micro-organismes et du type de sol.
L’écotoxicité du mégot n’est plus à démontrer. Les filtres des cigarettes ne sont pas biodégradables. Sous sa forme initiale comme sous la forme de nanoparticules, le mégot est un fléau pour la faune et la flore. Les animaux terrestres et marins s’étouffent avec des mégots, les ingèrent en se provoquant des occlusions intestinales ou s’empoisonnent à petit feu avec les résidus. La bioaccumulation des toxines contamine toute la chaîne alimentaire, du plancton au dernier prédateur : l’homme.
La pollution des océans par les mégots de cigarette perturbe tous les écosystèmes aquatiques, les algues et les coraux.
Le ramassage des mégots sur la voie publique et le nettoyage des plages sont à la charge des services propreté de la commune. Le volume annuel de mégots jetés en France est estimé à 20 000 ou 25 000 tonnes, ce qui représente un coût d’assainissement d’environ 100 millions d’euros.
Au-delà de la catastrophe écologique déclenchée par la pollution des mégots de cigarette, il s’agit également d’un enjeu économique majeur pour les collectivités locales.
Le ramassage des mégots est à la fois coûteux et fastidieux. La majeure partie d’entre eux atterrit dans la nature, créant des dégâts sur le long terme. Afin d’inverser la tendance, il est nécessaire de trouver des solutions de traitement innovantes et de changer les comportements.
Depuis 2021, la REP (Responsabilité Élargie du Producteur) s’applique à la filière-tabac. Ce sont les fabricants et importateurs de cigarettes qui doivent financer la collecte, le nettoyage et la sensibilisation liée aux mégots. Ils s’appuient sur des éco-organismes agréés et sur les collectivités locales.
Les points de collecte des mégots se sont multipliés dans les villes, les lieux publics et sur les plages. Cendriers extérieurs sur pied, cendriers muraux ou points d’apport volontaires, des sociétés comme Keenat et sa solution écomégot proposent une gamme de conteneurs personnalisables qui se fondent parfaitement dans les paysages urbains. Certaines collectivités optent pour le cendrier sondage qui rend le geste ludique. Pour être efficaces, les cendriers doivent être signalés, visibles et installés dans des zones passantes.
Comme d’autres sociétés spécialisées, Keenat s’occupe de collecter les mégots triés, de les dépolluer et de les valoriser. Ainsi, les mégots bénéficient d’une valorisation énergétique qui les transforme en CSS (Combustible Solide de Substitution), une énergie renouvelable.
Le mégot de cigarette est un déchet très prometteur qui devient du plastique recyclé, de l’isolant ou du mobilier urbain.
La lutte contre la pollution des mégots passe par une prise de conscience collective. Le jet de mégot sur la voie publique est passible d’une amende, mais ce n’est pas suffisant. Plusieurs actions permettent de sensibiliser les fumeurs et de les responsabiliser afin qu’ils choisissent d’agir sur la solution plutôt que d’aggraver le problème :
| Milieu naturel | Temps de décomposition estimé | Conséquences écologiques majeures |
|---|---|---|
| Surface (Sol urbain) | 10 à 15 ans | Pollution des nappes phréatiques par ruissellement, ingestion par les oiseaux. |
| Océans & Mers | 20 à 25 ans | Fragmentation en nanoplastiques, contamination de la chaîne alimentaire marine. |
| Enfouissement (Terre) | > 25 ans | Intoxication durable des sols, frein à la croissance végétale. |
| Eau douce (Rivière) | 10 à 15 ans | 1 mégot pollue jusqu’à 500 litres d’eau, mortel pour la faune aquatique. |
| Filtre « Biodégradable » | Variable (Conditions industrielles requises) | Fausse bonne idée : Reste toxique et ne se dégrade pas dans la nature. |
Les mégots sont composés de nombreuses substances chimiques. Les filtres sont en acétate de cellulose qui est bien une variété de plastique.
L’idée principale est de ne jamais jeter son mégot dans la nature, dans l’eau, dans la rue, dans une jardinière ou même dans les égouts. Si vous n’avez pas de cendriers à proximité, vous devez conserver le mégot sur vous. Tout fumeur devrait être équipé d’un cendrier de poche.
Le recyclage des mégots est utile, mais il reste complexe et coûteux. Si l’on considère la durée de vie de ces déchets polluants dans la nature, leur collecte et leur valorisation sont un réel atout pour l’environnement. Cependant, la meilleure option reste la réduction significative du nombre de mégots générés.
Non. La dégradation des filtres dits biodégradables n’est effective que dans des conditions industrielles spécifiques. Jetés dans la nature, ils diffusent toujours des substances polluantes.
Les ONG les considèrent comme plus dangereux, car ils véhiculent une image déculpabilisante sans réduire leur toxicité pour l’environnement et pour la santé.
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