Valorisation énergétique : comment transformer les déchets de votre ville en ressource locale

Un filtre composé de fibres plastiques

La valorisation des déchets se résume à les réutiliser au lieu de les détruire. La valorisation énergétique consiste quant à elle à transformer les déchets en énergie renouvelable (méthane, biogaz, électricité, chaleur). Elle est au cœur de l’économie circulaire. Pour les collectivités locales, la démarche répond à de nombreux enjeux réglementaires, sociétaux et environnementaux.

Tri, collecte, stockage, incinération, enfouissement ou valorisation, le traitement des déchets revêt différents aspects. En France, les collectivités territoriales sont soumises à une réglementation stricte en matière de gestion des déchets.

Des solutions innovantes comme écomégot permettent même de transformer les plus petits déchets urbains, comme les mégots, en ressources valorisables, tout en contribuant à la propreté des espaces publics.

💡 À retenir :

  • Le traitement des déchets est une contrainte réglementaire pour les collectivités locales.
  • Pour réduire le volume résiduel des déchets, il est nécessaire de développer des solutions de récupération et de valorisation.
  • La valorisation énergétique des déchets est une aubaine économique, sociétale et environnementale pour la ville.
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Table des matières

Le cadre légal et les enjeux de la valorisation énergétique des déchets

Les obligations réglementaires

Le cadre législatif et réglementaire du traitement des déchets est de plus en plus exigeant. Outre la loi française et les plans régionaux, les collectivités territoriales doivent également respecter les directives européennes sur la prévention, la préparation en vue du réemploi, le tri, le recyclage, la valorisation énergétique ou en dernier recours l’élimination.

En France, plusieurs lois majeures traduisent cette réglementation :

  • La loi de Transition Énergétique pour la Croissance Verte (LTEVC) de 2015 fixe des objectifs ambitieux pour la réduction des déchets mis en décharge, la hausse du taux de recyclage des déchets non dangereux et la généralisation du tri à la source des biodéchets ;
  • La loi Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire (AGEC) de 2020 interdit progressivement la mise sur le marché des produits à usage unique, impose le tri à la source des biodéchets pour tous les producteurs, la lutte contre le gaspillage alimentaire, la promotion du réemploi et de la réparation.
 

La Responsabilité Élargie du Producteur (REP) applique le principe du pollueur-payeur. Celui qui met un produit sur le marché en devient responsable jusqu’à sa fin de vie. Ainsi, les producteurs financent ou planifient la collecte, le tri et la valorisation des déchets via des réseaux d’éco-organismes agréés. Les collectivités locales chargées de l’opérationnel doivent coopérer avec ces filières.

Les enjeux environnementaux et économiques

Le traitement des déchets pèse lourdement sur l’environnement et sur les finances. La valorisation énergétique des déchets offre de nombreux avantages :

  • Réduction des émissions de gaz à effet de serre ;
  • Substitution aux énergies fossiles ;
  • Création d’emplois verts ;
  • Développement d’une économie circulaire locale ;
  • Optimisation des coûts de gestion ;
  • Valorisation des flux énergétiques.

 

La valorisation matérielle des déchets

Plusieurs filières permettent aux collectivités d’encourager la récupération, le recyclage et la valorisation.

Le recyclage classique

Ces grandes filières sont les plus représentées, car plus ancrées dans les habitudes citoyennes. Elles recyclent des tonnes de matières courantes : verre, papier, carton, plastique et métaux.

Pour aller toujours plus loin, elles doivent innover en permanence par exemple avec le développement du tri optique ou la création d’unités de valorisation performantes.

La valorisation organique

La réglementation sur l’obligation de tri à la source des biodéchets concerne tous les acteurs de la chaîne, les collectivités, les professionnels, mais aussi les ménages.

De nombreuses initiatives locales encouragent le compostage individuel et collectif. Les communes offrent des composteurs à leurs administrés et installent des bacs de collecte sur des emplacements stratégiques, souvent proches d’immeubles.

La méthanisation de ces biodéchets produit du biogaz et du digestat valorisable qui remplace les engrais chimiques.

La réparation et le réemploi

Les collectivités locales mettent en place des politiques incitatives pour accompagner le développement des espaces de réemplois. Partenaires de l’économie sociale et solidaire, elles aident les repair cafés et les ressourceries grâce à des subventions ou à la mise à disposition de locaux.

L’optimisation de la valorisation des déchets

Les collectivités locales ont pour objectif de réduire au maximum le volume des déchets non recyclés. Pour cela, elles disposent de plusieurs leviers.

La collecte intelligente

L’innovation joue un rôle important dans le traitement des déchets. Les capteurs connectés et la géolocalisation permettent d’optimiser les tournées de collecte des déchets. L’Intelligence Artificielle et la data recueillent et analysent de nombreuses données sur les flux de déchets pour réduire les coûts.

Des solutions concrètes comme écomégot illustrent cette approche : en installant des cendriers dans les espaces publics, la ville peut collecter et recycler les mégots de cigarette, transformant un déchet urbain en matière valorisable tout en sensibilisant les citoyens à la propreté et à l’économie circulaire.

Bon à savoir

écomégot, sélectionnée par l’UGAP, est une solution pour des espaces publics propres et durables.

La tarification incitative

Cette mesure consiste à appliquer localement le principe du pollueur-payeur. Ainsi, le contribuable est taxé à hauteur de la quantité de déchets ménagers qu’il produit réellement. Très impopulaire, elle fait pourtant ses preuves en augmentant le tri et en diminuant la masse d’ordures ménagères résiduelles.

Bon à savoir

Plusieurs modèles de redevance incitative sont possibles : par pesée, par levée, par volume.

La transformation des déchets en ressources locales

La valorisation énergétique des déchets est une réelle opportunité économique pour les collectivités locales. Méthanisation, gazéification, incinération avec récupération d’énergie, ces techniques permettent de récupérer l’énergie renouvelable produite pour alimenter les réseaux de chaleur et d’électricité locaux.

L’autoconsommation publique est rendue possible par l’innovation dans le traitement des déchets. De nombreuses start-ups œuvrent dans le domaine des nouvelles technologies liées à la gestion des déchets encouragées par des partenariats publics-privés.

En plus des installations de méthanisation ou de gazéification, des initiatives comme écomégot transforment des déchets urbains spécifiques en matières recyclables ou en combustibles pour certains usages industriels, illustrant la diversité des opportunités de valorisation. 

La recherche peut bénéficier de financements :

  • ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie) ;
  • Fonds européens ;
  • Appels à projets territoriaux.

 

L’adhésion et l’engagement citoyen

Pour réussir le pari de l’optimisation des déchets, la ville doit convaincre ses citoyens de l’intérêt de la démarche :

  • Sensibilisation à l’impact des déchets ;
  • Éducation au tri des déchets ;
  • Communication de proximité ;
  • Ateliers pédagogiques autour du déchet.

 

En savoir plus : découvrez 5 initiatives locales contre la pollution des mégots !

FAQ

Qu’est-ce que la valorisation énergétique des déchets ?

La valorisation énergétique consiste à transformer les déchets en énergie plutôt que de les enfouir ou de les incinérer sans récupération.

Quels déchets peuvent être énergétiquement valorisés ?

Plusieurs catégories de déchets peuvent être converties en énergie, principalement :

  • Les ordures ménagères résiduelles non recyclables ;
  • Les biodéchets issus des ménages, de la restauration ou de l’agriculture ;
  • Les mégots, pour une ville zéro mégot, grâce à des solutions comme écomégot, qui les collecte et les valorise ; 
  • Certains DIB (Déchets Industriels Banals) ;
  • Les boues de stations d’épuration.

Les CSR (Combustibles Solides Résiduels) sont-ils une solution d’avenir ?

Oui. Les CSR sont pertinents pour la valorisation énergétique des déchets non recyclés. Ils transforment ces déchets résiduels en combustibles utilisés pour alimenter des systèmes de chauffage urbain ou industriel en remplacement d’énergies fossiles. Sachez que le CSS (Combustible Solide de Substitution) est spécifique pour les déchets dangereux, tels que les mégots de cigarette.

Quelles sont les retombées économiques de la valorisation énergétique des déchets pour les collectivités ?

  • Réduction des coûts d’enfouissement ;
  • Production d’une énergie locale ;
  • Création d’emplois ;
  • Potentiel de recettes liées à la revente d’énergie renouvelable excédentaire.

Quels sont les défis à surmonter pour les collectivités locales ?

Le coût des installations de traitement est important et elles doivent être acceptées par les habitants malgré les nuisances. L’efficacité de la valorisation énergétique est soumise à la qualité du tri à la source. Enfin, les acteurs publics et privés, comme Keenat, doivent parvenir à collaborer efficacement.

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