Traitement des mégots : qui paie vraiment l’addition ?

Un filtre composé de fibres plastiques

mégot énergie
Le traitement des mégots de cigarette est une solution indispensable contre cette pollution majeure, mais sa gratuité pour le citoyen est trompeuse. En réalité, les coûts significatifs de la collecte et de la transformation sont assumés par les entreprises et les collectivités. Celles-ci peuvent toutefois bénéficier d’un soutien financier grâce au système de Responsabilité Élargie du Producteur (REP), un mécanisme qui finance la transformation de milliards de filtres en ressources, notamment par la valorisation énergétique.
 

💡 À retenir : Les étapes clés du traitement des mégots :

  1. Collecte : Mise en place de cendriers et points d’apport volontaire.
  2. Acheminement : Transport sécurisé vers un centre de traitement spécialisé.
  3. Transformation : Valorisation de la matière ou production d’énergie.

Table des matières

Pourquoi le traitement des mégots est-il un enjeu capital ?

Chaque année, des milliards de mégots sont jetés dans la nature. Ils représentent une menace toxique silencieuse mais dévastatrice. Comprendre leur impact est la première étape pour agir efficacement.
 

La composition toxique d'un déchet omniprésent

Un mégot n’est pas un simple bout de papier. Il s’agit d’un concentré de substances dangereuses.
 
  • Filtre en plastique : le cœur du problème est le filtre, composé d’acétate de cellulose. C’est un plastique qui met des années à se fragmenter en microplastiques.
  • Substances chimiques : il contient des métaux lourds comme le plomb et le cadmium, ainsi que de la nicotine et des restes de goudron.
  • Pollution de l’eau : un seul mégot peut contaminer jusqu’à 500 litres d’eau, rendant celle-ci impropre à la consommation et toxique pour les écosystèmes aquatiques

💡 Le chiffre qui interpelle :

En France, ce sont près de 40 milliards de mégots qui sont jetés chaque année, une grande partie finissant dans nos rues, nos rivières et nos océans.


Source : Ministère de la Transition écologique, Feuille de route pour une économie 100% circulaire, 2018.


Le mégot, un déchet proliférant

Manque de cendriers, comportement ancré, la plupart des fumeurs ne se préoccupent pas vraiment du sort de leurs résidus de cigarette. Le mégot est un tout petit déchet, le jeter est un geste tellement banal qu’au final, ce sont des millions de petits résidus de cigarettes qui sont abandonnés sur la voie publique chaque jour.

Rues commerçantes, terrasses des cafés, arrêts de transports en commun et jardins publics, aucune zone urbaine n’échappe à la prolifération des mégots.

Les obligations légales pour enrayer la pollution des résidus de cigarettes en ville

La Responsabilité Élargie du Producteur (REP)

La loi AGEC de 2020 responsabilise les producteurs de tabac quant à la pollution occasionnée par les cigarettes jetées dans l’espace public. Ils doivent financièrement en soutenir l’acquisition des cendriers, leur collecte, leur valorisation et la sensibilisation des consommateurs sur le sujet.

Un déchet qui ne disparaît jamais vraiment

La décomposition d’un mégot est un leurre. Bien qu’il puisse mettre environ 2 ans à disparaître visuellement, ses composants nocifs, eux, persistent.
 
En effet, le filtre se dégrade en microplastiques qui s’infiltrent durablement dans les sols et les cours d’eau. Par conséquent, ces particules toxiques entrent dans la chaîne alimentaire, menaçant la faune, la flore, et à terme, notre propre santé.
 

La valorisation des déchets : une solution complexe et financée

La transformation des mégots collectés est un processus industriel qui a un coût. Contrairement aux idées reçues, ce service n’est pas « gratuit » pour tout le monde. 
 

Qui finance le traitement des déchets de cigarettes ?

La réponse varie selon votre statut.
 
  • Pour un particulier : Le geste de jeter son mégot dans un cendrier public est gratuit. Ce coût est en réalité déjà inclus dans le prix d’achat du paquet de cigarettes, via une éco-contribution.
  • Pour une entreprise ou une collectivité : La mise en place d’une filière de collecte et de traitement est payante. Cela inclut l’installation de points de collecte (mise en place de cendriers extérieurs), le service de collecte (récupérer les mégots de cigarette contenus dans les cendriers), et le service de traitement des déchets.
 
Heureusement, des mécanismes d’aide existent. Les entreprises qui s’engagent dans cette démarche renforcent par ailleurs leur politique RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises).
 

Le rôle crucial de la filière REP et de l'éco-organisme Alcome

Depuis 2021, la France a mis en place une filière de Responsabilité Élargie du Producteur (REP) pour les produits du tabac. Qu’est-ce que cela signifie ?
 
Définition : La REP est un dispositif qui oblige les fabricants de tabac à prendre en charge financièrement la gestion des déchets issus de leurs produits.
 
Concrètement, les fabricants versent une contribution financière à un éco-organisme agréé par l’État : Alcome. Cet organisme utilise ensuite ces fonds pour aider les collectivités locales à financer :
  • L’installation de cendriers dans l’espace public.
  • Le nettoyage des rues et des espaces naturels.
  • Des campagnes de sensibilisation pour le grand public.
 
Ce système permet ainsi de soulager une partie des coûts supportés par les mairies et autres acteurs publics.
 

écomégot by Keenat : une solution brevetée pour la transformation des mégots

Face à ce défi environnemental, des entreprises innovantes développent des solutions concrètes. Keenat, avec sa solution écomégot, est pionnière dans le domaine en France.
 

Un processus de traitement unique et une stratégie de valorisation adaptée

Keenat a développé et breveté un processus d’extraction de l’acétate de cellulose contenu dans les filtres. Cette méthode est révolutionnaire car elle évite d’utiliser de l’eau et des solvants, prévenant ainsi une pollution supplémentaire. Une fois purifiés, les mégots peuvent suivre différentes voies de valorisation.
 
Cependant, dans un souci de transparence et d’efficacité environnementale, Keenat a décidé de suspendre temporairement la valorisation matière des mégots. Cette décision stratégique fait suite à l’analyse de son cycle de vie (ACV). En effet, dans l’attente de résultats clairs et consolidés sur l’impact environnemental de la valorisation matière face à la valorisation énergétique, nous privilégions actuellement la valorisation énergétique. Cette dernière s’avère aujourd’hui plus pertinente et efficiente pour la transformation de micro-déchets complexes comme les mégots de cigarette.
 

La valorisation énergétique en CSS, une alternative puissante

Tous les mégots ne peuvent pas être transformés en matière. Pour ceux-ci, Keenat propose une solution à haute valeur ajoutée : la valorisation énergétique.
Les mégots sont transformés en Combustible Solide de Substitution (CSS). Ce CSS est ensuite utilisé dans des cimenteries pour remplacer les énergies fossiles comme le charbon ou le pétrole. Cette approche permet non seulement d’éliminer un déchet toxique, mais aussi de produire de l’énergie de manière plus durable. C’est une parfaite illustration de l’économie circulaire.
 
Vous êtes une entreprise ou une collectivité ?

Comment agir concrètement pour une meilleure gestion des mégots ?

La sensibilisation est la clé pour encourager les bonnes pratiques. Il est essentiel d’impliquer à la fois les citoyens, les entreprises et les pouvoirs publics.
 

Inciter au bon geste : des actions simples et efficaces

Pour encourager une gestion responsable des mégots, plusieurs actions concrètes peuvent être mises en place.

 

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Tableau illustré de la pollution des mégots

Aspect CléDescriptionActeurs ConcernésSolution / Stratégie Clé
La problématiqueLe mégot est un déchet plastique et toxique (métaux lourds, nicotine) qui pollue massivement l’eau et les sols.Citoyens, collectivités, environnement.Mettre en place une collecte dédiée pour éviter la dispersion dans la nature.
Le financementLe traitement a un coût. Il est financé par les entreprises/collectivités et par une éco-contribution des fabricants de tabac.Producteurs (via la REP), entreprises, collectivités.Le principe du « pollueur-payeur » via la filière REP gérée par l’éco-organisme Alcome.
Le processusKeenat a développé une méthode de décontamination à sec, brevetée, qui n’utilise ni eau, ni solvant.Keenat, en tant qu’opérateur industriel.Un traitement écologique qui prépare le déchet à devenir une ressource, sans sur-pollution.
La valorisationLa transformation des mégots en Combustible Solide de Substitution (CSS) pour alimenter les cimenteries.Keenat, industries (cimenteries).La valorisation énergétique, privilégiée par Keenat pour son efficacité sur les micro-déchets.
Les actionsLa sensibilisation, l’installation de cendriers adaptés et les gestes citoyens (cendrier de poche).Tous : citoyens, entreprises, associations, pouvoirs publics.Informer pour ne plus jeter, équiper pour bien collecter.

À propos de l’auteure

Sandrine Poilpré est la co-fondatrice de Keenat, l’entreprise à l’origine de la solution écomégot. Experte des questions de RSE et d’économie circulaire, elle œuvre depuis des années pour développer des solutions industrielles innovantes capables de transformer les déchets en ressources. Son engagement vise à démontrer qu’il est possible de concilier performance économique et impact environnemental positif.

FAQ - Questions fréquentes sur le traitement des mégots

Peut-on jeter les mégots dans la poubelle jaune ?

Non, absolument pas. Les mégots jetés dans la poubelle de tri (jaune) ne sont pas traités. Ils sont considérés comme des erreurs de tri et finissent incinérés dans des conditions qui ne permettent pas une valorisation énergétique, voire en décharge.

Le traitement des mégots est-il vraiment écologique ?

Oui. Les processus modernes, comme celui de Keenat, sont conçus pour minimiser l’impact environnemental. L’absence d’eau et de solvants dans le processus de décontamination et la transformation en CSS pour remplacer les énergies fossiles sont des exemples concrets d’une approche durable.

Une entreprise a-t-elle une obligation légale de gérer ses mégots ?

Oui, la législation française impose aux entreprises de gérer leurs déchets. De plus, la présence de mégots jetés au sol peut être sanctionnée par des amendes. Mettre en place une solution de traitement est donc à la fois un geste pour l’environnement et une mise en conformité réglementaire.

Les collectivités ont-elles une obligation légale concernant la gestion des mégots ?

Oui. La réglementation impose à la collectivité de mettre en œuvre des actions de prévention et de collecte sélective.

Comment les citoyens peuvent-ils aider ?

Le geste le plus simple et le plus efficace est de toujours jeter ses mégots dans un cendrier, qu’il soit public ou de poche. Participer à des opérations de nettoyage citoyen est également une excellente manière de contribuer.

Peut-on être sanctionné pour un mégot jeté sur la voie publique ?

Oui. Cet acte est considéré comme une contravention de 3e classe pour dépôt sauvage de déchet. Vous encourez une amende forfaitaire de 135 €, minorée à 90 € pour un acquittement rapide et majorée à 375 € pour un retard.

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